Les hommes chantent les femmes

Le programme « Les hommes chantent les femmes » met en valeur un des aspects de la chanson de la Renaissance: l’obscénité. Les arts visuels comme la poésie au 16ème siècle, période de bouleversements nombreux, sont parcourus de courants progressistes. Ces avant-gardes utilisent l’érotisme, la pornographie, même l’obscénité comme mode d’action. Les oreilles délicates ayant été violentées, il est aisé de faire ensuite circuler des idées neuves, politiques, religieuses, sociales qui paraissent moins violentes que les obscénités assénées précédemment.
Si les femmes sont parfois maltraitées dans les textes de Clément Marot, Eustorg de Beaulieu ou Germain Colin, ce sont cependant souvent elles qui tiennent les rênes du pouvoir. Au centre de ces cercles philosophiques humanistes de la France de la Renaissance, c’est une femme, Marguerite de Navarre, soeur de François Premier, qui soutient de nombreux auteurs et artistes parmi les plus progressistes.
L’obscénité n’est pas gratuite, elle est subversive. Clément Janequin, Clemens non papa, Claudin de Sermisy ou Jean Mouton l’ont parfaitement compris et n’hésitent pas à mettre en musique des textes aussi violents que « or vien ça m’amye Perrette » ou « une jour Colin ».
A l’image des recueils de chansons publiés au 16ème siècle, le programme « Les hommes chantent les femmes » alterne compositions raffinées et élégantes avec des perles d’indécence.
 
 
DISTRIBUTION
Julien Freymuth, altus
Lior Leibovici, ténor
Ivo Haun, ténor
Jean-Christophe Groffe, basse et direction